Collectif afro-swiss

1. Si moi aussi je suis une femme*, alors pourquoi est-ce que mon corps est soumis à une probabilité accrue d’être quotidiennement désigné, profilé, décrypté, sensationnalisé, hypersexualisé, stoppé, brisé, fracturé,  mis à mort? Et pourquoi est-ce que les corps de mes frères et soeurs, pères et mères  et ami.e.s sont soumis.e.s à la probabilité accrue d’être elleux aussi quotidiennement désignés, profilés, décryptés, sensationnalisés, hypersexualisés, brisés, fracturés, mis à mort? Le profilage racial doit cesser; notre futur doit faire de la différence une vertu pas un crime.

2. Si moi aussi je suis une femme*, alors pourquoi est-ce que les bonnets (ou pussy hats) qui fleurissent dans les marches des femmes ne sont que roses et ne semblent faire référence qu’au vagin? Les vagins ne sont pas tous roses, et les femmes n’ont pas toutes des vagins. Notre invisibilisation doit cesser et les bonnets toutes nous représenter; notre futur doit faire de la différence une vérité pas un détail. 

3.Si moi aussi je suis une femme*, alors pourquoi est-ce que je suis en moyenne toujours moins bien payée que mes collègues blanc-he-s et mes collègues Noirs? Et pourquoi est-ce qu’il va de soi pour les autres que je suis disponible à toute heure pour donner un coup de main, fournir un renseignement ou encore aider à l’organisation, et ce, gratuitement? Les  reconnaissances inégales  du travail doivent cesser entre et au sein des différents groupes sociaux; notre futur doit faire de la différence une qualité à valoriser, pas une ressource à nier ou exploiter.  
*Inspiré par le titre du fameux ouvrage de Sojourner Truth, Ain’t I A Woman?. Le terme femme se veut ici inclusif et fait donc référence à tou-te-s les personnes qui se définissent comme telles.